ER- Pont-à-Mousson 6 mars 2012

Les fonderies dans l’objectif

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Des fans de photographie prennent des images rappelant les fonderies partout où ils passent.

Difficile d’échapper à Pont-à-Mousson. Les plaques et tuyaux se retrouvent dans le monde entier et en photo sur internet.
Micheline Montagne et David Richard, en photographes avertis, traquent les petits détails qui échappent à l’œil du touriste lambda. « Il n’y a pas d’intérêt pour moi à réaliser des photos type carte postale, prendre les Prémontrés depuis l’autre côté de la Moselle ne m’intéresse pas », raconte celle qui apprécie les villes de Pont-à-Mousson et Toul « pour les petits détails de patrimoine qui ressortent ici et là ».
Un œil différent sur son environnement qui l’a amenée à s’intéresser aux plaques sorties des fonderies de Pont-à-Mousson : « Elles sont partout et très différentes, c’est très intéressant ».
Elle diffuse les « produits » rappelant Pontam via son propre site internet et les partage sur un forum avec d’autres photographes. Une pratique qui lui a permis de rencontrer David Richard, il y a cinq ans. Tous deux, à l’évocation de Pont-à-Mousson, pensent aux fonderies, « comme de nombreuses personnes ».

Le paquebot France
Passionné par l’histoire industrielle de la Lorraine, David Richard estime que « Pontam est incontournable ». D’ailleurs, il le prouve en sortant de son sac, les deux tomes des gros ouvrages intitulés « Pont-à-Mousson a 100 ans ». Une partie des clichés du second volume a été réalisée par son grand-père, Roger Hatier, l’un des photographes officiels des fonderies entre 1954 et 1981.

L’histoire de l’usine a été en partie immortalisée par les objectifs de Claude Franjus, Robert Durandaud et le grand-père de David Richard, ainsi que par le vidéaste Charles Fontaine. Ils ont réalisé des reportages sur les sites de l’usine en France et à l’étranger, des revues promotionnelles et un ouvrage sur l’histoire de la ville de Pont-à-Mousson.

David Richard garde précieusement tous les objets de son grand-père : cendrier, ouvre-bouteilles en fonte ductile, coupe-papier… « J’ai tout conservé, même le papier à en-tête ». Son trésor étant surtout constitué par les images de l’usine et plusieurs centaines de négatifs qu’il n’a jamais vus : « J’ai désormais le matériel pour développer à l’ancienne, au révélateur ».
Les deux photographes, qui se déplacent toujours avec un appareil à portée de main, estiment que les fonderies représentent un beau sujet de reportage. Ils les prennent en photo depuis le pont de la gare : « Dans le train, on passe près du haut-fourneau et on peut voir la coulée la nuit », se souvient David Richard, qui a effectué un stage d’éducateur dans la ville. Micheline Montagne a visité l’usine et en garde « un souvenir formidable ».

Elle admire le savoir-faire et l’ingéniosité des « Pontam » : « Ils ont apporté beaucoup de choses dans le monde, des découvertes. Leurs innovations leur ont permis de prospérer ». Une fierté que David Richard évoque en montrant une image du paquebot France : « Toutes les conduites intérieures sortent des fonderies ».

Est-ce que toutes les plaques proviennent de Pont-à-Mousson ? Micheline Montagne aimerait le savoir, elle qui s’interroge sur l’origine des vieilles plaques sans inscriptions observées derrière Saint-Epvre à Nancy.Un nom manque sur une plaque et Pam vient à l’esprit, si habitué à le voir partout.

Des images de Lorraine et de Pontam sur : www.lorraine-cafe.fr, vuparmam.blogspot.fr et www.enattendantmieux.org/lorraine

Jérôme BOURGUIGNON