La Vadrouille #20 / A la gare de Belgrade

C’était à la gare. Il pleuvait, on était en avance, on attendait le train de Novi Sad qui n’était pas indiqué, puisqu’aucun panneau n’était renseigné, dans la confusion déserte de la gare. Il faisait diablement frais, le café commandé dans l’établissement voisin éclairé au néon peinait à nous réconforter, tout était lent, voire immobile. Et humide. Même les cohortes de policiers sortant en grappe du poste de la gare semblaient désœuvrés. Je dégoulinais encore de ce temps passé complètement paumé dans les rues de la capitale serbe sous une pluie battante: je ne reconnaissais rien, mes souvenirs me trahissaient, nous n’avons jamais atteint la destination voulue. Et au milieu de tout cet échec, mon téléphone captait la wifi publique. Comme une sorte de petit miracle technologique parfaitement inutile. C’était un moment un peu long, un peu mélancolique, qui est devenu depuis un souvenir marquant, celui d’une ambiance, d’un ralentissement, d’un échec assez doux mais un peu gris. Un bon souvenir, en somme.

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